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"Loi n° 89-1110 du 31 décembre 1989 relative à la prévention et
au règlement des difficultés liées au surendettement des particuliers
et des familles. "
Il s'agit de la loi qui a mis en place et organisé les commissions
de surendettement : L'article 2 de ce texte stipulant que " Il est
institué, dans chaque département, au moins une commission d'examen
des situations de surendettement des particuliers. "
Contexte
L'on enregistre, à partir de 1985, une diminution de la croissance
du pouvoir d'achat des Français alors même que ceux-ci semblent
vouloir préserver, voire accroître, leurs dépenses de consommation
en puisant dans leur épargne. Ainsi, les conditions d'un recours
de plus en plus massif au crédit sont-elles réunies tandis que,
dans le même temps, ce dernier se voit libéralisé.
Ce fort développement, tant pour les crédits à la consommation que
pour les crédits immobiliers, allié au succès de nouvelles formes
de financement, telle que le crédit revolving, aboutit à l'apparition
de cas de surendettement de plus en plus nombreux :
En 1989, 200 000 ménages se trouvaient ainsi dans l'incapacité de
rembourser les prêts qu'ils avaient contractés.
C'est pourquoi la même année, Mme véronique Neiertz prenait l'initiative
d'une réforme novatrice afin de concilier urgence sociale et impératifs
économiques.
Rappel :
Jusqu'alors, le seul recours offert au débiteur surendetté consistait
à solliciter du juge d'instance des délais de paiement, ceux-ci
ne pouvant excéder deux ans, ou encore le sursis à l'exécution des
poursuites éventuellement engagées à son encontre.
Les dispositions de la loi Neiertz, entrée en vigueur le 1er mars
1990, ont été intégrées dans le code de la consommation sous les
articles L.331-1 à L.333-8 en juillet 1993.
Contenus
La réforme avait un double objectif :
- Améliorer la prévention ;
- mettre en place un dispositif permettant d'appréhender et de
traiter globalement la situation du débiteur.
Prévention.
La loi Neiertz a en conséquence prévu la création d'un Fichier national
recensant les Incidents de remboursement de Crédit au Particulier
(FICP).
Géré par la Banque de France, ce fichier permet, par une simple consultation,
aux organismes de crédit d'individualiser (à titre préventif) les
emprunteurs éprouvant des difficultés financières. Traitement
global.
Conformément à l'article 1244-1 du Code Civil, le débiteur était auparavant
tenu à assigner séparément chacun de ses créanciers afin d'obtenir
du juge d'instance autant de moratoires.
La loi Neiertz rompt avec cette démarche et instaure un dispositif
qui offre une vue d'ensemble de la situation du débiteur et, de ce
fait, des possibilités de traitement global.
L'idée directrice réside dans la volonté de privilégier la voie de
la conciliation :
Sont ainsi créées les commissions départementales d'examen des situations
de surendettement. Prolongements
La réforme du 8 février 1995.
La procédure initiée par la Loi Neiertz, si elle a produit des résultats
globalement positifs, a révélé parallèlement certaines limites qui
ont mené à la réforme de 1995. Ainsi, la Loi n° 95-125 du 8 février
1995 relative à l'organisation des juridictions et à la procédure
civile, pénale et administrative a pour objet d'optimiser l'efficacité
du dispositif initié par la Loi Neiertz : Les commissions de surendettement
voient leur rôle renforcé et deviennent véritablement la pièce maîtresse
du dispositif. La loi d'orientation du 29 juillet 1998
relative à la lutte contre les exclusions.
Le volet surendettement de cette loi apporte toute une série de compléments
à la Loi Neiertz. Notamment : La durée du plan de redressement peut
aller jusqu'à 8 ans et non plus seulement 5 ans. Le paiement des dettes
peut être suspendu pendant 3 ans et, si le débiteur demeure insolvable
à l'issue de cette durée, l'effacement total ou partiel des dettes
peut être prononcé par le juge. La loi du 13 décembre
2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU).
Un des objectifs de la loi consiste à améliorer la protection de l'acquéreur
immobilier en ajoutant des dispositions au Code civil et au Code de
la construction et de l'habitation. En matière de promesse de vente,
la Loi Neiertz avait prévu que tout acte sous seing privé (rédigé
sans le concours d'un notaire) ayant pour objet l'acquisition ou la
construction d'un logement neuf ne devient définitif qu'au terme d'un
délai de sept jours pendant lequel l'acquéreur non professionnel a
la faculté de se rétracter. Les articles L.271-1 et 271-2 du Code
de la construction et de l'habitation élargissent la portée du dispositif
à la vente de tout logement. De plus, ils concernent désormais non
plus seulement les actes sous seing privé, mais aussi les actes authentiques
(notariés), tous les vendeurs - professionnels ou non - de sorte que
les promesses de vente entre particuliers sont encadrées.
En matière d'offre d'achat, la loi insère l'article L.1589-1 dans
le Code civil qui déclare nul " (…) tout engagement unilatéral souscrit
en vue de l'acquisition d'un bien ou d'un droit immobilier pour lequel
il est exigé ou reçu de celui qui s'engage un versement qu'elle qu'en
soit la cause et la forme. " En clair, les offres d'achat demeurent
licites mais elles ne peuvent être accompagnées d'un versement : les
pratiques d'enchères privées, d'appel d'offres qui exigent que toute
offre d'achat s'accompagne d'un chèque se voient ainsi condamnées.
Les dispositions de la Loi du 13 décembre entrent en vigueur le 1er
juin 2001. |